La Confrérie du Saint-Esprit à La Bollène Vésubie

La Confrérie du Saint-Esprit à La Bollène Vésubie

Parmi les « Trésors » des archives de la Bollène-Vésubie existe un registre débuté il y a très exactement 420 ans. Il s’agit d’un recueil de consignes des biens de la confrérie du Saint-Esprit qui couvre une période de 130 ans. Les différents biens légués à cette confrérie par de pieux fidèles y sont inventoriés, localisés, et surtout décrit avec le montant du loyer annuel versé. Le Saint-Esprit est considéré comme la structure politico-religieuse à l’origine de la fondation des communautés d’habitants. Il s’agit d’une alliance jurée. Elle regroupe les principaux chef de famille du village, qui se prêtent serment de fidélité et d’entraide face au seigneur féodal. Confrérie religieuse de laïques, elle possède ses propres rituels tout au long de l’année liturgique et participe à ceux du village. Organisation politique, elle devient l’interlocuteur privilégié du Comte, qui lui attribue d’importantes libertés fiscales lui permettant d’asseoir son pouvoir local. Elle possède aussi un pouvoir discrétionnaire en matière militaire et juridique et peut se prononcer sur les délits courants, sans pourtant jamais aller à l’effusion de sang, qui reste entre les mains du Comte. Sa « Maison », dite « du Saint-Esprit », est en fait la casa comunale, la Mairie. Celle-ci jouxte la place qui porte encore le plus souvent son nom, place du Saint-Esprit, forum politique du village, ou mieux encore, place de la Frairie, qui en a conservé le souvenir.