Accident du Douanier FRANCO à Roquebillière

Accident du Douanier FRANCO à Roquebillière

Notre montagne a été, entre 1860 et 1990, une « véritable » frontière. Gardée dès le lendemain du Traité de Paris par les douaniers des deux états, elle ne réussissait qu’imparfaitement à entraver les liens unissant depuis des siècles les populations des deux versants. Le Douanier devient ainsi un personnage emblématique de ce territoire, tout comme le contrebandier. L’un et l’autre sont des métiers difficiles, parfois dangereux. C’est ainsi qu’Eugène Franco, préposé au bureau de Roquebillière, était victime d’un accident de service, le 14 mars 1906. C’est son collègue, Joseph Belioud, qui en rapporte les faits dès le lendemain matin. Un peu avant 21 h, « en embuscade aux Plâtrières », Eugène chutait sur des cailloux, à la suite d’un faux pas, frappait le sol de la tête. Il continuait pourtant son service jusqu’à 6 h le lendemain, supporté jusqu’à son domicile par son collègue, avant de s’effondrer « dans un état comateux ». C’est le docteur Mattéo, de Roquebillière, qui constatait ses blessures, indiquant une « commotion cérébrale », entraînant une « congestion avec délires prononcés », ordonnant un congés de 30 jours. Une simple imprudence ou maladresse, aux conséquences dramatiques, qui marquait le quotidien des « hommes-frontières ».